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Garth Risk Hallberg

Edition: Plon (broché) / Le livre de poche

Prix: 23.90 euros (broché) / 12.10 euros (poche)

1248 pages

City on fire
City on fire
City on fire
City on fire

Premier roman ambitieux de Garth Risk Hallberg, il n'en ai pas moins sujet aux critiques. Et par critiques, je parle bien entendu de positives et de négatives et croyez-moi il y a de quoi dire. Oui, c'est vrai tous les éléments sont réunis pour en faire un livre magistral, documenté, soit une immersion punk du New-York des années 70 où se croise des golden boys, des marginaux, des adultes et des ados. Portrait croisé d'une ville en continuel essor et mutation, les personnages servent le personnage principal du roman, à savoir la ville elle même mais aussi une certaine génération où tout est permis, où le possible se conjugue dans un présent bouillonnant. Oui mais voilà, la plume exigeante de l'auteur à oublié que description ne rime pas avec complication.

A New-York la ville qui ne dort jamais Samantha Cicciero, dix huit ans, flaire l'émergence d'une ambiance tout en y cherchant sa place. Alors qu'en 1976 l'humeur est au punk et à la profusion de drogues en tout genre, Sam intègre une bande de musiciens junkies des bas fond de New-York en attendant d'entrer à l'université à la rentrée prochaine. Plutôt mystérieuse et mutique elle représente, dans le roman, le déclencheur et fil conducteur de l'intrigue. Car au soir du nouvel an, des coups de feu retentissent dans Central Park laissant Sam pour presque morte. Qui? Quoi? Pourquoi? Vous voilà embarquer pour 1200 pages au confinement d'une ville et de ses habitants.

Évidemment une pléiade de personnages gravitent autour de cette tentative de meurtre pour expliquer le contexte et sonder l'atmosphère. Il y a tout d'abord William Hamilton-Sweeney, fondateur du groupe punk Ex Post Facto en froid avec sa richissime famille. En couple avec Mercer Goodman, un noir venu de la petite ville d'Altena pour enseigner dans un prestigieux collège du centre, Will semble en proie avec ses démons: sa famille et l'héroïne. D'un autre côté Regan, soeur de William en pleine procédure de divorce de son mari Keith, semble se débattre entre ses aspirations et sa place au sein groupe Hamilton-Sweeney. Keith lui-même a son portrait dressé au vitriol après avoir trompé sa femme. Rendu père célibataire, il doit affronter quelques complications professionnelles... Mais on peut également compter Amory Gould nouveau directeur du groupe et membre de la famille, Richard et Pulaski qui forment le duo flic/journaliste et Charlie, secrètement amoureux de Sam. Et des personnages, il y en encore et là est le problème.

Entre le trop de personnages, des descriptions à profusion et une ambiance chaotique, le roman donne une impression d'un gros bordel rock'n'roll. La ville, insatiable, gobe ses personnages et leur convictions, retourne leur certitudes et en créée de nouvelles pour mieux  détruire. Malgré une intrigue donnée, le roman tourne autour des protagonistes et révèle un caléidoscope de vies bien différentes au sein de la ville mais qui, finalement, sont toutes liées. Par un style pointu, l'écriture de l'auteur est aussi complexe que la mégalopole ce qui peut parfois déstabilisé le lecteur et en desservir la lecture. Toutefois on ne peut que saluer son incroyable documentation, ses références musicales et urbaines. Voilà d'où vient le succès éditorial de ce roman: la retranscription d'une atmosphère délétère. Une lecture mitigée donc, partagée entre le sentiment d'un livre beaucoup trop long et complexe mais où le lecteur sait que des vies et une histoire se jouent. Pour faire passer tout ça, un muffin marbré et une tasse de café, sinon un thermos pour en découdre avec les 1200 pages.

City on fire
Tag(s) : #Littérature étrangère, #Littérature américaine, #Sélection Prix des lecteurs Poche 2017

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