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Interview de Patrick Armerding

Interview de Patrick Armerding

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Qui n'a jamais rêvé de devenir un espion, un avatar de James Bond avec toutes ses qualités, mais aussi ses défauts ? C'est le pari plutôt réussi de Patrick Armerding dans le premier tome de Joe Basianga, agent et tueur, intitulé "l'ultime sacrifice". En vous présentant ce roman, il y a quelques semaines, je ne m'attendais pas à autant d'aventures, d'actions et d'engagement politique. Belle découverte, le récit m'a interpellé sur plusieurs points notamment le soin de la documentation, les lieux d'actions ou encore le caractère profondément humaniste du héros. Plongez avec moi dans l'envers du décor afin d'en extraire les secrets de sa conception et découvrez également l'interview inversée.... Ou quand l'auteur pose les questions au blogueur !

 

 
Pour commencer, Patrick Armerding, quel a été le point de départ de ce récit ? 

Etant un fan de la saga James Bond, j'ai pour habitude de souvent lire les polémiques qui entourent la succession de chaque acteur ayant incarné le héros de Ian Fleming. Et celle qui m'a fait le plus rire fut la revendication de certains comédiens Afro-américain ou anglais à vouloir endosser le rôle de cet agent secret. Personnellement, je trouve cela ridicule. Imaginez un instant Tom Cruise jouant Shaft, le détective afro-américain de la baxploitation. Dans Au service de sa majesté, Ian Fleming indique clairement que le père de James Bond est un Ecossais et sa mère une Suissesse. Par conséquent, j'ai du mal à concevoir l'agent 007 interprété par un Chinois, un Indien ou encore un noir. Partant de ce Constat, je me suis dit que la création d'un tel personnage était devenue nécessaire et c'est ainsi qu'est né dans mon esprit Joe Basianga.

Quel a été le temps de préparation pour ce récit très documenté ? 
N'étant pas un écrivain professionnel, je n'ai pas fait de recherches préliminaires qui pourraient être considérées comme un temps de préparation. Je me documentais en fonction de la rédaction des chapitres. J'ai pris environ un an pour écrire la première version du manuscrit et un an de plus pour la corriger. 
 
Dans votre roman, les arts martiaux sont très présents. Plus qu'un sport, ils sont intimement liés à une spiritualité nécessaire à votre personnage. Certaines techniques sont très précises, les pratiquez-vous vous-même ? 

Malheureusement, non je ne pratique aucun art martial à cause d'un problème de cervicale et de lombaires. Mais, ayant un ami très proche qui fait de l’aïkido depuis plusieurs années, cela m'a permis de m'y intéresser et surtout toute la philosophie de vie qui régente les arts martiaux.

Une partie de votre récit se passe en Afrique. En employant beaucoup de dialectes et d'informations concernant les différents pays du continent, avez-vous déjà été en Afrique pour la décrire avec tant de ferveur ? 

En effet, j'ai utilisé avec parcimonie quelques expressions typiquement africaines ; en Ewe, en Lingala, en Wolof ou en Pidgin. Je suis originaire du Togo et du Ghana, deux pays d'Afrique de l'Ouest, et j'ai passé une partie de mon enfance en Ethiopie. J'ai eu le plaisir de visiter plusieurs états africains et cela fait huit ans que j'ai posé mes valises au Ghana. Bien qu'ayant vécu une majeure partie de ma vie en France, l'Afrique reste ma terre natale.

Lors de la lecture de votre roman, le hasard a voulu que je tombe sur l'émission "Quotidien" sur une spéciale Afrique. Il y était question, entre autres, de l'emprise coloniale encore présente sur le continent. Dans votre roman, ce sujet est abordé avec beaucoup de convictions, ce qui renforce la mission de Basianga. Comment comptez-vous faire évoluer ce sujet dans le prochain tome ? 

Pour cette question je botte en touche, car je n'aime pas dévoiler les intrigues. Chaque chose en son temps. Les lecteurs doivent tout d'abord découvrir ce premier récit.

Sean Connery est le James Bond préféré de Joe Basianga, en est-il de même pour vous et pourquoi ? 

En effet, je pense honnêtement que Sean Connery a incarné à la perfection James Bond sauf pour cet aspect tourmenté, par son enfance et la mort de sa femme, décrit dans les livres de Ian Fleming. D'ailleurs, l'auteur s'est inspiré de l'acteur pour accentuer le côté écossais, flegmatique et cynique de son personnage. J'apprécie tout particulièrement sa prestance et sa voix

Cette mission secrète qui s'est emparée de votre agent secret est tout simplement incroyable. Comment vous est venue l'idée d'associer le thème de l'espionnage à celui d'humaniste ? 
 

L'espionnage est une des plus vieilles pratiques de l'humanité. Il existe depuis la nuit des temps. Et en toute honnêteté, ne pensez-vous pas que James Bond détient aussi un caractère humaniste ? Dans chaque film, ne sauve-t-il pas le monde d'une catastrophe à l'échelle planétaire ? Ne se bat-il pas contre une organisation, SPECTRE (Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion), qui a pour but la domination de la race humaine ? L'idée m'est donc venue tout simplement en faisant un parallèle entre SPECTRE et une organisation, bien plus réelle, qui a été mise en place par un certain Monsieur Foccart au début de l'indépendance des nations africaine francophones. Tout comme Tarantino s'est fait un plaisir à assassiner Hitler dans Inglorious Bastards, je me suis dit que cela pourrait être jouissif d'avoir un héros combattant le néocolonialisme.

 

 

Interview inversée ou quand l'auteur pose des questions à la blogueuse...
Vous semblez posséder une image prédéfinie de James Bond. Est-elle simplement basée sur les films de la saga ou avez-vous lu certains romans de Ian Fleming ? 

C'est vrai que depuis enfance, l'image du célèbre agent 007 est figée dans mon esprit. Façonnée par les différents films et acteurs, j'avoue que je ne me suis jamais penché sur les romans malgré avoir lu et vu quelques documentaires sur la naissance du sujet. Il est peut-être temps de m'y mettre finalement !

Dans James Bond, Jason Bourne et 24 h Chrono, les héros sauvent toujours le monde d'une catastrophe planétaire. Ne pensez-vous pas que l'on puisse aussi les considérer comme des humanistes ? 

Dans leurs aventures, le sujet est souvent dominé par l'action au détriment de celui-ci. Il est tout a fait juste de les y associer, mais leurs motivations sont généralement le fait d'une mission donnée et non choisie. Dans votre roman, votre agent est lui-même l'instigateur de cette mission, ce qui renforce la dimension personnelle de son engagement. C'est d'ailleurs ça qui m'a séduite, car Joe n'est plus simplement un agent, mais un homme de principes.

Vous reprochez à ce genre de récit d'avoir pour les femmes un rôle prédéfini. Par conséquent, quel type de personnage mettrait plus en valeur la femme ? 

Je ne pense pas que ce soit une affaire de personnage, mais une volonté de véhiculer l'image que l'on veut renvoyer. James Bond ou n'importe quel agent, représente souvent la masculinité, la force comme domination et ont besoin d'avoir des personnages plus faibles pour les mettre en avant. Et souvent ceux-ci sont les femmes. Je trouve que celles-ci, en règle générale, manquent cruellement de nuances dans ces récits contrairement aux hommes.

L'Afrique ou du moins le paysage politique africain semble vous intéresser. Quelle en est la raison ? 
La politique internationale m'attire beaucoup et c'est donc avec surprise et plaisir avoir découvert cet aspect de votre roman. Par ailleurs, je vis sur l'île de la Réunion dans l'océan indien et essaie de me pencher sur la politique du continent africain autant que je le peux. Dynamique et novateur, l'avenir passera forcément par l'Afrique.
Sur votre blog, vous associez toujours la lecture à une gourmandise. Est-ce vôtre carburant pour pouvoir dévorer, sans fin ou sans faim, des romans entiers en si peu de temps ? 
La nourriture en générale et la pâtisserie en particulier, sont une de mes passions avec la lecture. En fait, mes lectures sont un prétexte afin de pâtisser et manger ces petites gourmandises ! Néanmoins, mon rythme de lecture fluctue selon mon intérêt pour le roman, mais surtout par l'environnement et l'atmosphère du moment. Je ne sais pas si ces gourmandises son mon carburant, mais elles y contribuent grandement avec les tasses de thé qui couvrent mes journées ! Gourmandise de l'estomac et de l'esprit.
Je remercie chaleureusement Patrick Armerding d'avoir joué le jeu de l'interview et vous encourage vivement à le soutenir dans son projet d'écriture qui a le mérite de sortir des sentiers battus. 
Lecture conseillée : Joe Basianga, l'ultime sacrifice
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